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lundi 1 novembre 2010

Un peu d'histoire de la Martinique en images

Retour sur les toponymes martiniquais... içi
Janick Dulio nous fait découvrir l’origine des noms de lieux de la Martinique. Des toponymes d’origine historique et parfois politique souvent empreints d’une subtile poésie...

Montagne pelée

La montagne Pelée tire probablement son nom, plus précisément son qualificatif, de l'aspect dénudé que présentait son sommet au moment de la colonisation de la Martinique vers 1635. L'absence de végétation à cette époque pourrait être du à une éruption volcanique quelques années auparavant.


Géographie :
La montagne Pelée est située dans le Nord de la Martinique. Avec 1 397 mètres d'altitude, elle constitue le point culminant de cette île. D'un diamètre de onze à quinze kilomètres, la montagne occupe une superficie de 120 km2. Il s'agit d'un stratovolcan présentant un dôme de lave en son centre.

Les activités volcaniques et sismiques importantes des Petites Antilles résultent de la subduction de la plaque sud-américaine sous la plaque caraïbe. Le dynamisme volcanique péléen se caractérise par des éruptions rares mais violentes : l'andésite contenue dans les profondeurs du volcan est une lave à forte teneur en silice, très visqueuse. Cette lave, presque solide, forme un dôme en couvercle dans la bouche éruptive et lorsque la pression ne peut plus être contenue, l'éjection brutale des gaz détruit le couvercle et provoque des nuées ardentes : un nuage de gaz sous pression, de cendres brûlantes et de blocs de lave, déferle sur les pentes du volcan.

Histoire :
La montagne Pelée a connu une éruption vers 300 qui a entraîné une interruption dans le peuplement précolombien de la Martinique.

Le 8 mai 1902, au cours d'une éruption, une nuée ardente partie du sommet du volcan détruit entièrement la ville de Saint-Pierre faisant environ 29 000 morts. Il y eut deux survivants, Louis-Auguste Cyparis, un prisonnier sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot, et Léon Compère-Léandre, un cordonnier qui vivait à la périphérie de la ville. D'autres sources citent Havivra Da Ifrile, une petite fille. Aujourd'hui reconstruite, Saint-Pierre est une petite cité de 5 000 habitants. Avant l'éruption, la ville était la capitale commerciale de la Martinique.

Les ruines
En mars 2010, alors que la Martinique connaît une grande sécheresse, un incendie se déclare sur la face Sud-Ouest de la montagne Pelée et consume, pendant plus de cinq jours, l'intégralité du dôme du volcan.

A la découverte de la montagne pelée : içi

Les anses d'Arlet

Origine du nom
Les Anses d’Arlet (Anses seul étant au pluriel) ont reçu leur nom d’un ancien chef Caraïbe nommé Arlet qui posséda pendant longtemps toute la région, et plus spécialement les terres aboutissant aux deux Anses :
- la grande à l’entrée de la baie de Fort-de-France ;
- la petite, plus au Sud, à laquelle on accède par le Diamant.
C’est au milieu d’elles que se trouve le bourg.


Nom des habitants
Arlésiens

Le périple d'Arlet
Au début de la colonisation, deux frères Caraïbes, Arlet et Pilote, auraient abandonné leurs biens et leurs terres aux colons du Nord de la Martinique, pour se réfugier dans le Sud, à la suite d’un traité signé entre eux. De ce fait, Arlet se fixa dans la région à laquelle il a donné son nom.

De nouveau, Arlet abandonna ses terres aux Français pour se retirer encore plus au Sud et les Jésuites s’y installèrent en 1665. Ils n’y restèrent pas longtemps et laissèrent leur place aux Capucins. Cette région de l’île se peuplait peu à peu ; les habitants avaient soin des chapelles à l’usage des missionnaires.

La première chapelle fut dédiée à Saint-Antoine de Padoue ; un baptême y fut célébré en 1671 par le Père Simon. En 1673, cette chapelle fut remplacée par une église. De grosses réparations ont été entreprises en 1687 par les soins financiers des « paroissiens » sous forme d’offrandes. Cette église fut détruite durant les années 1762 et 1763 par les Anglais qui incendièrent tout. Il fallut attendre quelques années pour que la population fut à même de reconstruire les maisons et de s’occuper des édifices religieux. L’église fut remise sur pied grâce au concours de Henri Larcher, riche habitant de la région. En témoignage de reconnaissance pour son bienfaiteur, elle fut placée sous le patronage de Saint-Henri.

Jusqu’en 1676, il n’y avait pas de paroisse établie dans cette partie de l’île ; les services religieux étaient faits par des prêtres de passage (Jésuites / Capucins / Dominicains). C’est à partir de cette date qu’un d’entre eux fut chargé des Anses d’Arlet et du Diamant.

Huit ans plus tard, les deux bourgs furent érigés en paroisses séparées mais continuèrent pendant de longues années à avoir un desservant commun qui résidait aux Anses. En vertu d’un décret publié le 12 juin 1837, le gouverneur du moment, Mackau, avec l’approbation du conseil, divisa la Martinique en vingt communes. C’est ainsi que fut créée la commune du Sud qui englobait les Anses d’Arlet (où le maire résidait), le Diamant et Sainte-Luce. Elle était administrée par un maire, trois adjoints et neuf membres du conseil. Sainte Luce fut détachée en 1848 et le Diamant en 1862.

Situation géographique
Le territoire est isolé à l'Est par une ligne continue de mornes, le séparant des Trois Îlets, au Nord-Est et du Diamant au Sud-Est. Ces mornes constituent les restes usés et démantelés d'anciens édifices volcaniques, et occupent une grande partie de la superficie de la commune.
Le territoire placé en position d'abri par rapport aux vents alizés connaît une faible pluviométrie, le climat est donc chaud et sec.
Par ailleurs, les pentes des mornes sont beaucoup plus fraîches et ventilées que les fonds des anses.
La commune actuelle faisait partie de la Grande Commune du Sud, composée de Sainte-Luce et du Diamant. Elle est érigée en paroisse en 1676 et voit donc le jour après la séparation de Sainte-Luce en 1848, et du Diamant en 1862.
Elle sera alors formée d'Anse Noire, d'Anse Dufour, de Grande Anse, de Petite Anse d'Arlet et de Petite Anse du Diamant.


L' église Saint-Henri des Anses-d' Arlet, en bordure de plage, est connue comme un des plus beaux sites de Martinique, notamment en raison de son alignement exact avec le ponton.

Le Lamentin (Les Lamentinois)

Le Lamentin est l’une des communes la plus connue de l’île. Se succès ne lui vient point de ses plages ou autres atouts touristiques : jusqu’à récemment l’aéroport portait son nom et plusieurs zones industrielles la rendent incontournable dans l’économie de l’île.

Avec ses 62 km2, est la plus grande commune en superficie de la Martinique et la deuxième la plus peuplée avec plus de 40 000 habitants.
Rond point de la Galléria

C’est aussi la première ville industrielle de l’île. En effet, elle abrite sur son territoire quatre zones industrielles (ZI la Lézarde, ZI de la Jambette, ZI Les Mangles, ZI de Places d' Armes) et deux centres commerciaux (La Galleria et Place d' Armes).

Géographie:
La commune, intégrée à l’agglomération de Fort-de-France, se situe à peu près au centre de l’île de la Martinique.
Elle accueille l’Aéroport Martinique Aimé Césaire, l’hippodrome de Carrère et les principales zones industrielles de la Martinique. Elle est traversée par la rivière la Lézarde, la plus longue rivière de l’île (30km).

Histoire:

Le Lamentin à été ainsi nommée car les berges de la rivière "la Lézarde" étaient fréquemment visitées par les lamantins, aujourd'hui disparus des Petites Antilles. Ce grand mammifère marin, cousin du phoque et du dugong qui, jadis, peuplait la baie de Fort-de-France (entre temps, les colons sont passés par là …). Sa plainte, ainsi que son allure, faisaient en effet croire aux marins fatigués qu’il s’agissait d’une sirène, raison supplémentaire pour boire un dernier verre, non ? Un jour, un lamantin a été retrouvé échoué sur les berges de la rivière et depuis la commune porte ce nom. On peut d'ailleurs aujourd'hui en voir une très belle représentation sous la forme d’une statue devant la mairie de la commune.

Le lamantin sur la place de la mairie
Economie:
Le Lamentin est une des communes les plus dynamiques de Martinique et accueille de nombreuses entreprises. Elle bénéficie de sa proximité avec Fort-de-France, de sa position centrale dans l’île et de la présence de l’aéroport. Elle constitue également le 2eme bassin d'emploi de l’outremer français après Fort-de-France.
L’aéroport étant situé sur le territoire de la commune, on peut affirmer que tout le monde passe d’une certaine manière au Lamentin, et pourtant personne n’y va pour la ville elle-même.
Aéroport Aimé Césaire

Fort de France

La « capitale » de l’île regroupe pratiquement le 1/3 de la population éparpillée dans et autour de son centre.
Première approche et premier constat : difficile de concevoir un « séjour tropical » à Fort-de-France. Les raisons relevant de l’évidence même : manque de plages, embouteillages, activités intenses, zones industrielles, etc. Par contre, elle constitue un excellent point de chute pour ceux qui souhaiteraient prendre leurs repères pour une raison ou pour une autre. Par ailleurs, les hôtels situés dans la périphérie accueillent régulièrement une clientèle d’affaires et offrent un confort en conséquence. Le tourisme de congrès et séminaires privilégie également la région.


C' est le Gouverneur Jean de Baas qui fonde en 1669 la ville de Fort de France. Mais c' est son successeur le Comte de Blénac qui achèvera la construction de la ville et de son fort.
Fort de France est le chef-lieu du département de la Martinique. A Fort de France se trouve la Préfecture, l' Hôtel du Département, l'Hôtel de la Région, le Palais de Justice, le Tribunal de Grande Instance et la Cour d' appel.

Palais de justice
Géographie:
C' est une commune très étendue puisque certains quartiers (comme Balata) sont très éloignés du centre-ville. La topographie est très variée : on passe d' une cuvette sur le front de mer à une zone très montagneuse en rentrant dans les terres.

Quartier la Trenelle
Histoire:
Fort Saint Louis
Alors que les Caraïbes avaient privilégié la côte au vent (côte atlantique), l' implantation des colons français se fait dès 1635 sur la côte-sous-le-vent (côte caraïbe).
C' est sur le site de Saint-Pierre, par la construction d' un fortin à l' embouchure de la rivière Roxelane, que débute la présence française. C' est le fort Saint-Pierre.
Rapidement, les colons s' intéressent « à l’entrée de la plus grande baie de l’isle », et construisent un fort en palissade qu' ils nomment Fort-Royal.
Dans un contexte de conflits avec les Caraïbes, les Hollandais et les Anglais, le site de Fort-Royal révèle son importance malgré le climat insalubre des marécages environnants. En effet, le site est aisé à défendre et bien protégé des tempêtes, ce qui n' est pas le cas de Saint-Pierre. Il est donc décidé d' y bâtir une ville Fort-Royal, dont la prononciation en créole donnera le nom des habitants de Fort-de-France : les Foyalais.

Monuments et lieux touristiques:
  • la bibliothèque Schoelcher
  • le Fort Saint-Louis
  • la cathédrale Saint-Louis
  • le jardin de la Savane
  • le Palais de la Justice
  • la statue de l' Impératrice Joséphine
  • l' eglise de Redoute
  • la basilique Montmartre de Balata
  • le parc floral

vendredi 29 octobre 2010

Musée d'Archéologie Précolombienne et de Préhistoire de La Martinique

Label :Musée labélisé Musée de France
Thémes principaux :Archéologie
Civilisations extra-européennes
Ethnologie
Collections :
Archéologie nationale (archéologie antillaise), Préhistoire
Arts décoratifs : Céramique
Civilisations extra-européennes : Américaines (archélogie précolombienne et des "Petites antilles")
Ethnologie : Costume, Habitat, Mobilier, Métiers et Outils, Pratiques religieuses et collectives
Histoire : Période historique (-2000 +1660 env.)
Accès :Situé entre le Fort Saint-Louis et la Bibliothèque Schoelcher, à proximité de la Savane
Horaire :Du lundi au vendredi de 8h à 17h
Samedi de 9h à 12h
Adresse :
Téléphone :
05 96 71 57 05
Fax :
05 96 73 03 80
Site :


Soucieux de promouvoir le patrimoine Martiniquais, le Conseil Général de la Martinique a, en 1968, fait l'acquisition de l'immeuble de l'intendance militaire en vue d'y installer un musée.

Le Musée d'Archéologie, de Préhistoire, d'Histoire, d'Art et de Traditions populaires existe depuis 1971. En 1983, il devient Musée Départemental d'Archéologie et de Préhistoire. Le Musée est situé au centre de Fort de France, en face de la Savane.

Il propose une collection d'archéologie précolombienne qui retrace environ 4000 ans de préhistoire de la Martinique : l'Histoire amérindienne.

Le musée permet de découvrir la Martinique d'avant la colonisation. Ses 1500 pièces, issues de collections privées et de récentes fouilles archéologiques, retracent l'histoire amérindienne de l'île de - 4000 avant JC jusqu'à l'arrivée des premiers colons. Le Musée invite le public à un parcours muséographique qui fait vivre l'homme amérindien aux côtés des vestiges archéologiques.

Entrée : adultes 3,5 €.

dimanche 17 octobre 2010

Premières pages de l'histoire de la Martinique

Au centre de l'arc antillais, à égale distance des côtes du Venezuela et de Haïti, se trouve la Martinique, une île née des volcans et baptisée l'île aux fleurs par les premiers colons.

samedi 2 octobre 2010

Le patrimoine martiniquais en 4 femmes

Aux archives départementales.
 
Maïotte Dauphite, l'un des piliers vivants du patrimoine immatériel local
Voilà une exposition qui ouvre le champ d'interrogations au patrimoine immatériel transmis par les femmes. Quatre d'entre elles sont ainsi présentées sous la forme d'une exposition regroupant brochures, photographies, oeuvres, documents sonores... Suzanne Césaire, Paulette Nardal, Maïotte Dauphite et Anca Bertrand : autant de personnalités de premier plan dont l'oeuvre et le legs sont peu ou mal connus.
Cette exposition a été programmée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, sous l'égide local de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) Martinique, avec pour thèmatique « Les grands hommes : quand femmes et hommes construisent l'histoire » .
Suzanne Césaire, longtemps resté dans l'ombre de son mari, Aimé Césaire, n'en a pas moins produit une oeuvre personnelle prodigieuse permettant d'appréhender le culturel et l'identité martiniquaise. Paulette Nardal, pour sa part, est associée aux notions de citoyenneté et d'éveil de l'identité noire. Maïotte Dauphite, liée au Carbet où elle a passé toute son enfance, dirige le musée Paul Gauguin. Elle apparaît comme l'un des piliers vivant du patrimoine local. Anca Bertrand, journaliste d'origine roumaine, a oeuvré à la connaissance du patrimoine culturel populaire et rural par le biais de revues littéraires.
Cette exposition permet un regard croisé et fructueux, offrant l'opportunité de mieux connaître l'histoire de notre région.
- Visible jusqu'au 5 novembre. Archives départementales, 19, avenue Saint John-Perse, Tartenson, Fort-de-France. Entrée libre. Contact : 05 96 55 43 43.
 
Suzanne Césaire a produit une oeuvre personnelle prodigieuse
permettant d'appréhender le culturel et l'identité martiniquaise.
 

samedi 28 août 2010

Musée du Rhum Saint-James (Commune de Sainte Marie)

Créé en 1981 dans l’ancienne maison du directeur de l’usine sucrière de Sainte-Marie, une vieille bâtisse créole pleine de charme, le musée du Rhum vous invite à découvrir sur 2 étages, l’histoire et les procédés de fabrication utilisés à l’époque pour l’élaboration du tafia puis du rhum.

Au rez-de-chaussée sont rassemblés d’anciennes machines de production, dont un des plus vieux moulin à bêtes de la Martinique. Celui-ci, datant du XVIIIème siècle et actionné par des bêtes de trait, servait à broyer la canne à sucre pour en extraire le jus (Vesou). A côté trônent les différents types d’alambics utilisés sur l’île pour la transformation du vesou en rhum. En particulier, ceux dit du Père Labat, un prêtre dominicain qui en a considérablement améliorer le rendement.

Aux murs, de nombreuses photos et affiches publicitaires d’époque rappellent les grands moments de la fin du XIX et de la première partie du XXème siècle, quand le rhum était une des boissons les plus prisées du monde, et que la Martinique en était la première exportatrice.

Toujours au rez-de-chaussée, un très joli bar tout en boiserie vous attend pour une dégustation gratuite des rhums Saint-James. Les rhums vieux de la maison sont particulièrement réputés.

Dans le jardin autour du musée, sont éparpillées une partie des anciennes machines à vapeur de la distillerie qui jouxte le bâtiment. Une distillerie toujours en activité d’ailleurs. C’est là que sont produits les rhums Saint-James. Des visites guidées y sont organisées de février à juin pendant la période de récolte. (Voir Distillerie Saint-James).

Derrière le musée, une petite gare ferroviaire, « la gare Saint-James » semble incongrue au premier abord. En fait, le train a beaucoup servi en Martinique pour transporter directement la canne des champs aux usines centrales. Au début du XXème, des dizaines de kilomètres de voix de chemin de fer irriguent la région de Sainte-Marie et aboutissent là. Une association, « Les Rails de la Canne à Sucre », tente de préserver ce patrimoine en organisant des petites balades touristiques en train, dans les champs avoisinants le musée du rhum.


Musée du Rhum Saint-James
Musée du Rhum, 97230 Sainte-Marie.
Tel : 05 96 69 30 02 .

Horaires : Musée ouvert tous les jours de 9h00 à 17h00. Visite de la distillerie du lundi au vendredi entre les mois de mars et juin, à 10h, 11h30 et 13h30.
Tarifs : Entrée et dégustation gratuites.

mercredi 25 août 2010

Maison de la canne (Commune des trois îlets)

La Maison de la Canne est située à Vatable aux Trois-Ilets sur un domaine de plus de 2 hectares.

Fondée dans les murs de l'ancienne distillerie Mario de Vatable, datant du début du siècle, la maison de la canne présente l'histoire de la canne à sucre depuis son introduction en Martinique au milieu du XVIIème siècle, et met l'accent sur le système esclavagiste qui lui est intimement lié.

La canne a en effet bouleversé la vie des jeunes colonies antillaises. Une fois compris le processus de fabrication du sucre, les colons, attirés par la formidable demande européenne pour ce produit, vont investir massivement dans la création d'habitations (nom donné aux Antilles aux grandes exploitations sucrières). Problème : la plante est particulièrement exigeante en main d'oeuvre, et les quelques milliers d'européens engagés sur l'île sont loin de suffire à la tâche.

C'est alors que les colons, après un intense lobbying auprès de la royauté française qui y répugne, obtiennent le droit de faire venir des côtes d'Afrique, des esclaves noirs. En moins de cent ans, 100 000 africains vont être ainsi achetés puis acheminés en Martinique. Et ce n'était que le début ... Pour en savoir plus : Les Habitations sucrières et le système esclavagiste.

« Une Terre, une Plante, un Peuple » … C’est cette histoire que retrace la Maison de la Canne. Sur deux étages, vous découvrirez le fonctionnement des premières habitations esclavagistes, les procédés de fabrication du sucre et du rhum, les vieilles machines que l’on utilisait jadis, et la vie quotidienne des esclaves sur les plantations.

La Maison de la Canne vous montre aussi comment la soudaine concurrence du sucre de betterave produit en métropole, du sucre des nouvelles colonies d’Asie et d’Afrique, l’apparition au milieu du XIXème siècle des premières machines à vapeur, et la fin de l’esclavage proclamée en 1848, ont profondément bouleversé l’économie sucrière martiniquaise. Pour survivre, les habitations dont les méthodes de production n’ont quasiment pas évolué depuis le XVIIème, doivent faire face à de lourds investissements pour passer à une phase industrielle. Il faut produire plus et moins cher.

Alors que jusqu’à là, tout le processus de fabrication du sucre, de la culture de la canne jusqu’à sa transformation, était assuré sur chaque habitation, les riches planteurs, aidés par des ingénieurs métropolitains comme Emile Bougenot, vont rassembler leurs capitaux pour édifier de grandes « Usines Centrales » équipées de matériel ultra moderne, capables de traiter de grandes quantités de canne, et de produire du sucre à un coût compétitif. Désormais, l’habitation se contentera de cultiver la canne, puis de la vendre directement à l’Usine Centrale pour transformation.

C’est ainsi que plus d’une dizaine d’usines furent bâties aux Antilles françaises. En Martinique, on retiendra celles de Soudon, du Lareinty, de Sainte-Marie, et du Galion. Parmi celles-ci, seule cette dernière reste aujourd’hui en activité, tandis qu’en Guadeloupe subsiste encore l’Usine Gardel. Les deux derniers vestiges d’une économie de monoculture qui fit que l’on donna pendant longtemps le surnom d’Îles à Sucre aux Antilles.

Maison de la Canne
Pointe Vatable, 97229 Trois-îlets.
Tel : 05 96 68 32 04 .
Horaires : Mardi et mercredi de 08h30 à 17h30. Vendredi et samedi de 08h30 à 17h00. Dimanche de 09h à 17h.
Tarifs : Entrée 3 Euros. 0,75 Euros pour les moins de 12 ans.

Bibliothèque Schoelcher à Fort de France

La Bibliothèque Schoelcher est l'un des plus beaux bâtiments de la Martinique.

Avec sa coupole et ses façades colorées, la bibliothèque Schoelcher est sans doute le plus beau monument de la ville. Construite sur les plans de l'architecte Henri Picq, contemporain de Gustave Eiffel, elle fut d'abord présentée à l'Exposition Universelle de 1889 à Paris, avant d'être démontée et transportée par bateau jusqu'à Fort de France en 1893. Sa structure métallique, sa coupole de verre et ses façades ornementées attirent les regards. Classé monument historique en 1993, il s’impose comme un véritable temple de la lecture. Destinée à accueillir la collection de livres offerte par l'abolitionniste Victor Schoelcher, pour un accès libre et gratuit de chacun à la culture, la bibliothèque propose aujourd'hui un fond de 130000 livres et reste ouverte à tous. Dans le dôme intérieur, et sur les façades extérieures, 52 noms d’auteurs, philosophes et acteurs politiques des 18èmes et 19èmes siècles s’affichent : Toussaint-Louverture, Delgrès, Dumas, Hugo, Montesquieu…

Un éclairage nocturne (à partir de 18h) met particulièrement en valeur la structure du bâtiment qui ressemble étrangement à une pagode.

Entrée gratuite le lundi de 13H à 17H30, du mardi au vendredi de 8H30 à 17H30, et le samedi matin de 8H30 à 12H00. Tel : 05 96 72 45 55.

La maison du bagnard (Commune du Diamant)

C’est au début des années 60 que Médard Aribot, ancien bagnard, édifia cette curieuse maisonnette aux pieds du Morne Larcher. Une maison de poupée en bois ornementé, et peinte de couleurs vives, jouissant d’un panorama magnifique sur la mer Caraïbe. En face, le rocher du Diamant et le canal de Sainte-Lucie, à gauche, les kilomètres de sable de l’Anse Diamant.

Condamné au bagne à perpétuité en 1925 pour son passé de petit voleur et sa participation supposée aux évènements de la « Guerre du Diamant », il semblerait d’après la légende, que Médard Aribot ait surtout pâti de ses talents de sculpteur.

Lors des émeutes électorales qui éclatent en 1925 à l’occasion des élections municipales, c’est un buste sculpté par Médard que brandit la foule. Le buste du Colonel de Coppens, officier à la retraite, propriétaire de la Distillerie de Dizac, et candidat à la mairie.

A l’époque, en Martinique, il n’est pas rare que les joutes politiques se finissent à coup de gourdin dans la rue. Mais là, ce 25 mai 1925, les choses vont sérieusement déraper. De son passé militaire, le Colonel de Coppens a gardé un certain goût pour les armes. Et c’est par celles-ci qu’il entend faire valoir ses arguments. Un peu colère, les diamantinois le massacre lui et son escorte de gendarmes. 9 morts.
Evidemment, l’affaire fait du bruit, et Médard est condamné à finir ses jours à Cayenne. Libéré en 1945 à la fermeture du bagne, il vivra en Guyane pendant quelques années avant d’être rapatrié en Martinique en 1953.
Cette maisonnette bénéficie d'une vue magnifique sur le rocher du diamant. Elle attire de nombreux toursites par rapport à ça petite taille et égalment par rapport à ses couleurs vives.

La Maison du Bagnard
Face au rocher du Diamant., 97223 Diamant.
Tel : Aucun .
Horaires : Site en pleine nature. Accès possible 24h sur 24.
Tarifs : Accès libre.

dimanche 8 août 2010

Histoire : La période précolombienne

Arawaks et Caraïbes
C’est au cours de son second voyage (fin 1493) que Christophe Colomb découvre les Petites Antilles, en premier lieu la Dominique et certaines des îles de l’archipel guadeloupéen. Les Petites Antilles n’étaient point inhabitées : au moins deux vagues de peuplement en provenance du nord-est de l’Amérique du Sud (région de l’Orénoque, côte du Venezuela) s’étaient succédé depuis les débuts de l’ère chrétienne.

On désigne les populations d’Amérique Centrale, d’Amérique du Sud et des Antilles, par le terme Amérindien.

Les fouilles archéologiques permettent d’attester d’une présence humaine dans les Petites Antilles, environ 2000 ans avant notre ère. Ce n’est alors qu’une occupation temporaire (nomade).

Les arwaks
A partir du 1er siècle avant J.-C., des peuples s’installent. Le groupe principal est désigné par le terme Arawak.

Ces peuples auraient occupé les Petites et les Grandes Antilles. Aux environs de 900 après J.-C., des groupes nouveaux apparaissent.

Le groupe principal est nommé Kalina ou caraïbe. On trouve la trace de ces peuples depuis les Petites Antilles jusqu’à Porto-Rico. Les Amérindiens sont des chasseurs, des pêcheurs et des agriculteurs. Ils utilisent pour ces activités un outillage qui ignore le fer. Pierres, bois fossilisés, os d’animaux, minéraux, coquillages sont employés comme outils. Ce travail de taille est une activité essentiellement masculine.

Les amérindiens
Les Amérindiens des Petites Antilles sont appelés " peuple de la civilisation du manioc amer ".Ils pratiquent l’agriculture sur brûlis. A partir du manioc, ils préparent une galette cuite sur une large platine : la cassave. Avec le suc du manioc amer, qui perd sa toxicité à la cuisson, ils fabriquent une sauce à base de piments appelée l’ignari. Enfin, ils préparent avec les galettes de manioc et de l’eau, une boisson fermentée : le ouicou. Les Amérindiens vivent à proximité des côtes et des rivières. Ils pêchent à la nasse, au harpon, à l’arc. Poissons, crabes, lamantins, tortues, entrent dans leur ration alimentaire.

Histoire : De la colonisation à l'abolition de l'esclavage (De 1635 au 22 mai 1848 )

Choc des mondes et traîte négrière
En 1502, Christophe Colomb reconnaît une île du nom de Iouanacaëra-Matinino, habitée par les Kalinas.

Guerres, épidémies, mauvais traitements, et la rencontre devient un choc. En effet, il ne faudra que cent soixante ans aux Européens pour écarter, de la Martinique, la population caraïbe.

Une expédition française conduite par Pierre Belain d’Esnambuc débarque à la Martinique au début de septembre 1635.

Au lieu de son débarquement, il construit le fort Saint-Pierre, origine de la ville de Saint-Pierre.L’implantation des Français ne se fait pas sans conflits et les Espagnols de Porto Rico essaient de détruire la colonie de Saint-Christophe(lieu de ralliement des troupes françaises).

Mais, surtout, l’opposition des Caraïbes, inquiets de voir les Européens s’installer de plus en plus nombreux dans l’ île, provoque des guerres sans merci. Celle qui éclate en 1635-1636 à la Martinique aboutit à un accord qui laisse aux Caraïbes la partie orientale de l’île, la Cabesterre. Enfin, en 1654, la guerre se rallume à la Martinique : les colons veulent en particulier supprimer le refuge que constitue la Cabesterre pour les nègres marrons ( esclaves en fuite).

En 1658, une expédition à la fois terrestre et maritime se termine par la conquête de la Cabesterre. Toutefois, quelques groupes de Caraïbes subsistent dans le sud de la Martinique.

Organisation et administration de 1625 à 1664.
La colonisation est d’abord confiée à une « compagnie », c’est-à-dire à une société qui reçoit du roi l’autorisation de coloniser les îles : c’est la Compagnie de Saint-Christophe, créée en 1626, qui devient en février 1635 la Compagnie des îles de l’Amérique.

Le roi Louis XIII, représenté par le cardinal de Richelieu, exige des associés certains engagements : conversion des caraïbes au catholicisme, introduction dans les îles d’un certain nombre de colons ; en contrepartie, la Compagnie est chargée de l’administration et de la défense de des îles françaises. De 1650 à 1664, c’est la période des seigneurs propriétaires.

Du Parquet devient seigneur de la Martinique, de la Grenade et des Grenadines (îlots au nord de la Grenade).

Mais l’autorité des seigneurs propriétaires est mal établie. Du Parquet meurt en janvier 1658. L’autorité de ses parents et successeurs (sa veuve puis son beau-frère Dyel de Vaudrocques) est mal supportée par les « habitants ». Ces crises d’autorité et surtout le désir de mieux contrôler le commerce des îles, qui se faisait en partie avec les Hollandais, amènent le gouvernement de Louis XIV à mettre fin au régime des seigneurs propriétaires qui faisaient des îles autant d’États presque indépendants.

En 1664, les îles sont confiées à une nouvelle Compagnie, celle des Indes Occidentales.

Anse Caffart
Le développement de l’esclavage et le Code Noir.
Les esclaves qui constituent l’essentiel de la main-d’œuvre sont surtout amenés d’Afrique.

La traite est d’abord réservée à des compagnies ( dites du Sénégal ou de Guinée, selon les régions sur les côtes desquelles elles opèrent). Mais en raison de l’insuffisance de ces compagnies, il faut laisser des commerçants français indépendants libres de se livrer à la traite. En dépit des instructions royales interdisant le « commerce étranger », les Hollandais contribuent aussi à la fourniture d’esclaves.

Pour résoudre les problèmes posés par le nombre croissant des esclaves (surtout africains), le gouvernement royal promulgue en 1685 une ordonnance connue sous le nom de « Code Noir », mais son titre exact est « Édit du Roi.., pour la discipline de l’Église… et pour ce qui concerne l’état et la qualité des Nègres dans les îles françaises de l’Amérique ».

Le Code Noir prévoit la christianisation des esclaves (art. 2,4,6). Il définit les obligations des maîtres en ce qui concerne la nourriture et le vêtement des esclaves (art. 22,25).Il est surtout soucieux de sécurité publique : les rassemblements d’esclaves sont prohibés, les esclaves fugitifs châtiés sévèrement.

Le Code Noir traite aussi des affranchis. L’enfant né d’une mère esclave est esclave. Mais, le maître s’il est majeur (20 ans) peut affranchir un esclave sans autorisation administrative. Les affranchis sont considérés comme égaux des sujets, nés libres, du roi. Leur seule obligation est de porter « un respect singulier » à leurs anciens maîtres.

Le développement de l’économie de plantation.
La principale culture reste celle de la canne à sucre qui gagne de nouveaux espaces. On la pratique dans le cadre de vastes exploitations agricoles, généralement d’une centaine d’hectares, qu’on appelle des « habitations ».

Cette prédomInance n’exclut pas d’autres cultures. Ainsi celle du caféier est introduite à la Martinique entre 1720 et 1723 par un officier, des Clieux ( ou de Clieu). Elle se développe dans la région de la Cabesterre de la Martinique, où elle se substitue au cacao.

Sur une « habitation », une partie des terrains est laissée en savane pour le pâturage des animaux de trait. En général un tiers de la superficie est cultivée en canne.

Les champs sont formés de parcelles géométriques, les carrés, correspondants à peu près à un hectare. A la limite de l’habitation, dans les parties les plus élevées, se trouvent des jardins cultivés . Au voisinage de la maison du maître, s’élèvent les cases des esclaves et divers bâtiments d’exploitation (le moulin, la sucrerie, la purgerie, la vinaigrerie)

"Guerres et révolutions"

A partir de la seconde moitié du XVIIème siècle jusqu'à l'abolition de l'esclage en 1848, la Martinique connaîtra des périodes d'agitation, marquées par des affrontements incessants.

Au XVIIIe siècle, la Martinique continue d’être un des enjeux de la politique internationale

Les guerres mettent aux prises Français, Espagnols et Anglais. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, la Martinique avait subi des attaques : - Attaque des Néerlandais, qui, en 1674, tentent de s’emparer du Fort-Royal, attaque infructueuse. - Lors de la guerre de Sept Ans, les Anglais occupent l’île, attaquée en janvier 1762 ( capitulation à la mi-février).

Un an plus tard, elle sera restituée à la France au traité de Paris.

La Martinique vit avec intensité les débuts de la période révolutionnaire

Dès la fin d’août 1789, quelques agitations, peut-être inspirée par des « patriotes » (partisans de la Révolution) blancs, se produit parmi les groupes d’esclaves ou de Noirs libres de Saint-Pierre. Mais c’est surtout l’opposition entre, d’une part, les planteurs soucieux de se libérer de la tutelle financière de Saint-Pierre et d’autre part, les commerçants de la capitale, qui marque cette période révolutionnaire.

Les planteurs triompheront à la bataille de l’Acajou, le 25 septembre 1790. En 1794, la Martinique est à nouveau attaquée par les Anglais. Donatien Rochambeau, commandant des îles françaises du Vent et partisan d’une politique républicaine, doit capituler le 25 mars 1794.

De 1794 à 1802, l’île reste sous l’occupation anglaise, et de ce fait, l’abolition del’ esclavage, décidée par la Convention en février 1794, ne s’y applique pas.

En 1802, la Martinique est restituée à la France.

Vers l’abolition de l’esclavage
L’histoire de la Martinique, entre 1815 et 1848, est marquée par une série d’événements qui témoignent des difficultés d’un régime esclavagiste, fondé aussi sur la discrimination à l’égard des libres de couleur. Par ailleurs, le nombre d’esclaves se maintient ou n’augmente que par les apports de la traite : car la mortalité est considérable ( en particulier la mortalité infantile : sur une plantation de la Martinique, étudiée sur une période de seize années, il meurt 29 enfants sur 58). Aussi, sur une même plantation, on rencontre à la fois des esclaves créoles et des Noirs nouvellement introduits d’Afrique, qu’on appelle parfois des « bossales ». Complots et insurrections témoignent, à partir de 1803, du mécontentement croissant des hommes de couleur libres et des esclaves.

La ville de Saint- Pierre, par son importance, ses contacts avec le monde extérieur, constitue un milieu propice à la fermentation sociale et politique. Révoltes et troubles se produisent dans la ville ou aux environs : - Sous l’occupation anglaise, un complot est organisé par le mulâtre Molière, complot groupant des libres et des esclaves de la région de Saint-Pierre.

Dans la nuit du 13 octobre 1822, des esclaves de la région du Carbet se soulèvent. Plus de vingt esclaves sont exécutés.

Fin 1823, début 1824, c’est l’affaire de la « Pétition des hommes de couleur ».

Le général Donzelot, veut voir dans la diffusion de cette brochure, imprimée en France, la manifestation d’un complot. Des hommes de couleur libres sont arrêtés et trois d’entre eux, Bissette, Fabien, Volny, condamnés aux galères à perpétuité par la cour royale de la Martinique (12 janvier 1824). L’émotion suscitée en France par ce procès amène l’annulation de la sentence. Les accusés sont à nouveau jugés, Bissette seul est condamné (à dix années de bannissement des colonies françaises). Les 9 et 10 février 1831, une insurrection d’esclaves éclate aux environs de Saint-Pierre. L’action des milices de blancs et d’hommes de couleur permet d’en venir à bout.

L’abolition de l’esclavage
En métropole, le courant des partisans de l’émancipation immédiate obtient du gouvernement provisoire la création d’une commission « chargée de préparer l’émancipation des esclaves de toutes les colonies de la République » (4 mars 1848).

Sont membres de cette commission : Victor Schœlcher, président, Perrinon, homme de couleur de la Martinique, officier d’artillerie, Gâtine, avocat des hommes de couleur dans l’affaire de la Grande Anse.

Avant même que ne soit connue l’abolition officielle de l’esclavage (décret du 27 avril 1848), la nouvelle de la révolution a provoqué une vive effervescence aux Antilles.

A la Martinique, le 22 mai 1848, de graves émeutes éclatent à Saint-Pierre et le gouverneur Rostoland décide d’abolir l’esclavage.

Histoire : De l'abolition à nos jours

De la colonie à la région

La Martinique par étapes successives change de statut et de colonie en 1848, elle devient avec la loi de décentralisation, une Région en 1982.

La période post-abolitionniste
L’établissement d’un régime autoritaire en France, à la suite du coup d’Etat du 2 décembre 1851, va contribuer à préserver aux Antilles certains aspects de la société coloniale traditionnelle. Sur le plan politique : le suffrage universel et la représentation coloniale sont supprimés.

Le conseil général, désigné directement ou indirectement par le gouverneur, est constitué principalement de notables blancs créoles. Ses pouvoirs sont élargis par le « sénatus consulte » du 4 juillet 1866.

Plus tard, la troisième République rétablit le suffrage universel et la représentation des Antilles à la Chambre des députés et au Sénat. Sur le plan social : dans la société antillaise, le « préjugé de couleur » continue d’opposer vivement les blancs créoles au reste de la population, souvent irritée de l’attitude partiale de la magistrature, liée aux blancs créoles.

Lors de la chute du second Empire, des troubles se produisent : c’est l’insurrection du Sud (22 septembre-début d’octobre 1870) qui a pour principal foyer la commune de la Rivière-Pilote.

Sur le plan économique, à partir de 1884, l‘histoire de la Martinique est dominée par la crise sucrière.
Coupe à la main
L’économie de l’îles, fondée sur les exportations de sucre est profondément affectée par la concurrence internationale et l’effondrement des prix : de nombreuses sucreries, dont les propriétaires sont endettés à l’égard du Crédit foncier colonial, sont saisies.

Les habitations sont achetées parfois par la colonie pour être morcelées au profit des petits propriétaires. Le sort des travailleurs s’aggrave soit par baisse des salaires, soit par augmentation de la « tâche ».

Dès 1882 des grèves sporadiques éclatent dans la région de Sainte-Marie.

En janvier-février 1900 se produit la première grève générale des ouvriers agricoles.Les crises sociales accentuent les conflits politiques : les « usiniers » tentent parfois d’affirmer leur influence politique.

On voit apparaître une génération d’hommes politiques de tendance socialiste tels que Lagrosillière et Victor Sévère.

Le 8 mai 1902, un événement capital se produit pour l’histoire de la Martinique : l’éruption de la montagne Pelée qui détruit la ville de Saint-Pierre. C’est Fort-de-France qui, désormais, va concentrer les fonctions de capitale administrative, commerciale, financière, intellectuelle de la Martinique.

L ‘entre-deux- guerres
En 1914-1918, la Martinique apporte sa contribution à la guerre (près de 15 000 mobilisés, plus de1600 morts).
La vie politique de la Martinique pendant cette période est dominée par la personnalité du socialiste Joseph Lagrosillière.

Par ailleurs, l’agitation sociale se poursuit : grève de Bassignac en 1925 et surtout grève de 1935, provoquée par une baisse autoritaire des salaires, avec marche des grévistes sur Fort-de-France.

L’économie demeure fragile et coloniale. Elle est fondée sur l’exportation du sucre, du rhum, mais par le système du contingentement, la Métropole s’efforce de protéger ses propres eaux de vie et alcools.

A l’heure de la départementalisation et de la décentralisation
Aimé Césaire
Au lendemain de la guerre s’affirme l’influence électorale de la fédération communiste de la Martinique.
Les communistes détiennent la mairie de Fort-de-France, avec pour maire un intellectuel déjà renommé, Aimé Césaire ; et ce sont les députés communistes de la Martinique, Aimé Césaire et Léopold Bissol, qui se font les porte-parole d’une revendication politique ancienne, l’assimilation.
La départementalisation est instaurée par la loi du 19 mars 1946.
En 1982, avec la loi de décentralisation, la Martinique devient une région.

lundi 21 avril 2008

20 avril 2008 - Obsèques nationales d'Aimé Césaire en présence de milliers de Martiniquais

"Bien sûr qu'il va mourir, le rebelle...": la poésie d'Aimé Césaire a retenti dimanche à Fort-de-France (Martinique) lors des obsèques nationales du père de la "négritude", en présence de Nicolas Sarkozy et de milliers de Martiniquais.
Parmi les fleurs vertes et roses de balisier, les familles, souvent vêtues de blanc, étaient venues dire dans l'après-midi "Merci Aimé". "C'est le père assisté de ses enfants et petits-enfants", confiaient certains.
Pendant plus d'une heure, sous le soleil, les Martiniquais se sont retrouvés dans la gratitude et la ferveur, pour cet hommage exceptionnel dans le stade de Dillon, au centre duquel était exposé le cercueil. Un hommage national qui n'avait jusque-là été rendu qu'à trois écrivains, Victor Hugo, Paul Valéry et Colette.
"Tous les Français se sentent aujourd'hui Martiniquais dans leur coeur", avait affirmé Nicolas Sarkozy dans une brève déclaration à son arrivée à l'aéroport Aimé-Césaire de la ville, saluant "le défenseur infatigable de la dignité humaine et du respect des droits de l'homme". Le chef de l'Etat, qui a eu des relations difficiles avec l'ancien député-maire de Fort-de-France - qui avait refusé de le recevoir en 2005 en raison de la loi sur "le rôle positif de la présence française outre-mer", avant de le rencontrer l'année suivante - ne s'est pas exprimé au cours de cet "hommage culturel".
Ce sont les "mots de sang frais" de l'auteur du "Cahier d'un retour au pays natal" qui ont résonné par les bouches de comédiens antillais et africains.
Un grand portrait proclamait Césaire "prototype de la dignité humaine" (selon le mot d'André Breton), et des extraits de son oeuvre étaient déployés dans le stade. Une plaque de céramique portant le nom d'Aimé Césaire et "Liberté, identité, responsabilité, fraternité", avait été posée sur un fauteuil à l'intention du président de la République.
Alors que l'idée d'un transfert du poète au Panthéon a agité la classe politique, de nombreuses personnalités, plusieurs ministres, François Bayrou (MoDem) et des responsables PS, notamment François Hollande, Ségolène Royal, Laurent Fabius et Lionel Jospin, étaient présents. Le footballeur Lilian Thuram et des délégations d'Afrique et des Caraïbes avaient fait le voyage.
"C'était le meilleur des fils de la Martinique", a lancé un des plus proches compagnons de Césaire, Pierre Aliker, 101 ans. Très ému, il a raconté le combat contre la colonisation et le racisme mené par le député (1945-1993) et maire de Fort-de-France (1945-2001).
Né en 1913 à Basse-Pointe, dans le nord de l'île, intellectuel brillant, Césaire a forgé dans les années 1930 avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, le concept de "négritude" - la conscience et la fierté d'être noir - et influencé plusieurs générations d'écrivains et de militants dans le monde.
La cérémonie s'est achevée dans l'émotion partagée de plusieurs milliers de personnes. Le public a longuement applaudi le départ du cercueil, aux cris de "Béïa pour Césaire" (vive Césaire). Accompagné par une foule fervente jusqu'au cimetière de la Joyaux, le "nègre fondamental" a été inhumé à la tombée de la nuit.
Sur sa tombe, des mots choisis par "Aimé" lui-même, tirés de son "Calendrier lagunaire":
"La pression atmosphérique ou plutôt l'historique agrandit démesurément mes maux. Même si elle rend somptueux certains de mes mots".

dimanche 6 avril 2008

Histoire

Les premiers occupants connus semblent être les Arawaks venus du Venezuela vers 300 ou 400 ans avant notre ère.
En 295 (avant notre ère), une éruption de la montagne Pelée fit fuir les Arawaks qui quittèrent alors la Martinique et ne revinrent sur l'île que vers l'an 400. D'ailleurs, une soixantaine de sites arawaks ont aujourd'hui été inventoriés et ils témoignent de l'existence de villages habités arawaks.
Cependant, vers 1200 de notre ère, une nouvelle civilisation amérindienne apparut dans l'île : les Caraïbes ou Kalina. Il s'agit d'un peuple amérindien réputé belliqueux venu des Guyanes et qui envahit la Martinique et extermina peu à peu tous les Arawaks (sauf les femmes). Les Caraïbes furent décimés à leur tour peu après l'arrivée des Européens.
Lorsque Christophe Colomb débarqua en Martinique, le 15 juin 1502 (lors de son quatrième voyage), il fit la connaissance des Caraïbes puisque les Arawaks avaient déjà disparu depuis le XIIIe siècle. Les Amérindiens auraient appelé l'île Madinina, ce qui signifie «l'île aux fleurs». Colomb aurait baptisé l'île du nom de Martinique en l'honneur de son patron, saint Martin. Redoutant les terribles Caraïbes pour leur anthropophagie, Colomb quitta l'île et, par la suite, les Espagnols ne s'intéressèrent plus à la Martinique. Ainsi, ils laissèrent la place aux Français et aux Anglais.
Le cardinal de Richelieu, au nom du roi Louis XIII, créa la Compagnie des Isles d'Amérique (1635-1650) afin de coloniser les îles des Petites Antilles.
La véritable conquête de la Martinique commença avec l'arrivée d'un aventurier français, Pierre Belain d'Esnambuc, le 15 septembre 1635.
En 1550, la canne à sucre était déjà devenue la seule culture des îles aux Antilles. Les premiers contacts entre les Amérindiens caraïbes et les Français avaient été plutôt cordiaux, mais à force d'être progressivement spoliés de leurs terres les Caraïbes opposèrent une vive résistance aux Français. Puis, après plusieurs années de conflits, tant avec les Anglais qu'avec les Caraïbes, les Français sous la gouverne de Beausoleil finirent par chasser définitivement (en 1658) les Caraïbes de la Martinique; ces derniers se réfugièrent dans les îles de la Dominique et de Saint-Vincent.
Pendant deux siècles, la Martinique, comme d'ailleurs toutes les autres Antilles, vécut sous le règne de l'esclavage. On sait que ce sont les Espagnols qui avaient commencé à importer des Africains dans leurs colonies afin de remplacer les populations amérindiennes qui ne survivaient pas aux dures conditions d'esclavage en raison des maladies et du travail harassant. C'est que les populations noires d'Afrique étaient réputées mieux supporter le travail forcé dans le climat éprouvant des Caraïbes et de l'Amérique équatoriale. La France, à l'exemple des autres puissances européennes, n'a pas fait exception et s'est mise aussi à l'esclavage. En Martinique, les Français importèrent leurs premiers esclaves dès 1635 afin de fournir la main-d'oeuvre nécessaire à la culture de la canne à sucre.
Toutefois, de 1656 à 1814, Anglais et Français se sont régulièrement disputé la Martinique; ainsi, pendant près de deux siècles, l'île fut tantôt anglaise tantôt française, jusqu'au traité de Paris de 1814 qui céda définitivement la Martinique à la France.
De fait, plus de 700 000 esclaves furent déportés aux Antilles françaises entre 1673 et 1789, dont 600 000 juste à Saint-Domingue; les autres furent envoyés en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Christophe (devenu aujourd'hui Saint-Kitts-et-Nevis), etc.
En 1710, le nombre des esclaves s'élevait à 21 000 pour l'île de la Martinique.
Quelques décennies plus tard, en 1745, la Martinique comptait environ 80 000 habitants dont 65 000 esclaves.
Au moment de la suppression de l'esclavage en juin 1848 en Martinique, on dénombrait un peu plus de 72 000 esclaves. On aura intérêt à lire le fameux Code noir, une ordonnance de Louis XIV destinée à réglementer le régime de l'esclavage et précisant les devoirs des maîtres et des esclaves. Ce Code noir, qui resta en vigueur dans toutes les Antilles et en Guyane française jusqu'en 1848 (date de l'abolition définitive de l'esclavage par la France), fut rarement respecté. Bien que ce code ne traitât pas des questions de langue, il dépouillait l'esclave de toute son identité. En effet, après le baptême catholique obligatoire, l'Africain devenait un Nègre et changeait de nom, abandonnant ses habitudes vestimentaires et sa langue, puis était marqué au fer rouge et affecté au travail servile.
C'est Victor Schoelcher (1804-1893), alors sous-secrétaire d'État à la Marine chargé des colonies, qui prépara le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, lequel a été confirmé par la Constitution du 4 novembre 1848. En Martinique, le 23 mai 1848, à la demande du conseil municipal de Saint-Pierre (la capitale de l'époque), le gouverneur de l'île, le général Rostoland, proclama un décret solennel dont les deux premiers articles énonçaient ce qui suit:
1) L'esclavage est aboli à partir de ce jour à la Martinique.
2) Le maintien de l'ordre public est confié au bon esprit des anciens et des nouveaux citoyens français.
Devenu député de la Martinique et de la Guadeloupe, Schoelcher revendiqua aussi l'application du droit commun et même la départementalisation pour les quatre colonies (Martinique, Guadeloupe, Guyane et la Réunion), mais il échoua sur cette question; cent ans plus tard, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française et la Réunion deviendront des départements français.
Bien sûr, au terme de cette douloureuse période, la colonie martiniquaise s'était peuplée massivement de nouveaux arrivants noirs et la langue véhiculaire entre les Noirs était devenue le créole martiniquais.
Enfin, c'est vers 1840 seulement que les Noirs furent christianisés par l'Église catholique. Auparavant, les Noirs étaient certes baptisés, mais ensuite laissés à eux-mêmes; d'ailleurs, beaucoup de prêtres possédaient eux-mêmes des esclaves.
Cela dit, l'esclavage continua sous une autre forme lorsque fut imposée le Code de l'indigénat qui correspondrait aujourd'hui à une autre forme déguisée d'esclavage des populations autochtones en les dépouillant de toute leur identité. Grâce aux pratiques discriminatoires imposées par le Code de l'indigénat (en vigueur de 1887 à 1946), les Blancs continuèrent de jouir de privilèges considérables.
Mais la suppression de l'esclavage ne pouvait que nuire à l'économie de plantation de la Martinique qui pouvait supporter difficilement des coûts de main-d'oeuvre importants. C'est pourquoi, de 1853 à 1985, la France décida d'importer plusieurs milliers de travailleurs immigrants (dénommés «coolies») originaires des comptoirs français de l'Inde. Considérés comme dociles, ces «coolies» venaient travailler aux Antilles pour une durée, en principe, de cinq ans. Beaucoup d'entre eux restèrent sur place à la fin de leur contrat, fondèrent une famille et devinrent bientôt des Martiniquais à part entière, tout en conservant leur religion et leurs habitudes culinaires.
Vers la fin du siècle, un millier de Chinois débarquèrent également dans l'île et, un peu plus tard, d'autres immigrants arrivèrent, cette fois-là, de la Syrie et du Liban. C'est ce qui explique que la population martiniquaise est aujourd'hui formée d'une palette ethnique assez variée, puisqu'on y compte non seulement des Noirs africains (la majorité) et des mulâtres, mais aussi des Indiens, des Chinois et des Syro-Libanais, sans oublier les Blancs-Pays (les «Békés»).
Tous les nouveaux immigrants d'Asie ou du Proche-Orient ont maintenant perdu leur langue d'origine et ont adopté le créole martiniquais comme langue maternelle. Les Blancs «békés» parlent le français mais aussi le créole alors que les Blancs-France (les «Métros») ne parlent que le français. Bien que vivant en relative harmonie, les différents groupes ethniques de la Martinique n'en continuent pas moins de se distinguer et de se méfier les uns des autres selon de subtiles distinctions.
Sous les derniers rois de France (Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe), la Martinique n'évolua que faiblement sur le plan des droits humains, bien que à partir de 1830 les Noirs et les mulâtres aient obtenu en principe les mêmes droits que les Blancs. Précisons aussi, que, contrairement à la Guadeloupe, la Martinique resta plus longtemps royaliste et demeura plus fidèle à l'Ancien Régime.
Quoi qu'il en soit, la IIIe République de 1870 marqua un réel progrès, car non seulement le suffrage universel masculin fut institué, mais l'enseignement public obligatoire, laïc et gratuit, fut étendu à tous les Martiniquais (1881). Toutefois, la situation des classes ouvrières resta précaire, car la scolarisation des enfants entraînait des dépenses supplémentaires auxquelles les parents ne pouvaient pas toujours faire face. En réalité, le niveau de vie des Martiniquais "de couleur" ne connut une amélioration significative que vers le milieu du XXe siècle.
En 1898, on comptait 175 000 habitants en Martinique, dont 150 000 Noirs et mulâtres (85 %), 15 000 Indiens (8,5 %) et 10 000 Blancs (5,7 %).
En 1902, suite à l'éruption de la montagne Pelée (le 8 mai 1902), qui avait détruit la ville de Saint-Pierre et causé la mort de 28 000 habitants en quelques minutes, une importante vague d'émigration s'ensuivit et la Guyane française devint alors la principale destination des réfugiés martiniquais. C'est pour cette raison que l'on trouve une si forte colonie martiniquaise en Guyane, particulièrement aux environs de Saint-Laurent-du-Maroni et à Rémire-Montjoly près de Cayenne.
C'est Fort-de-France qui est devenue la capitale de la Martinique après la destruction de la ville de Saint-Pierre.
Le 19 mars 1946, près de 100 ans après la recommandation du député Victor Schoelcher, l'Assemblée nationale française adopta la loi dite de l'assimilation, qui transformait les "Quatre Vieilles" colonies (la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane française) en départements français. Ainsi, l'île de la Martinique devint un département français d'outre-mer (DOM).