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dimanche 5 décembre 2010

Un petit goût de Martinique


Revenir de la Martinique sans emporter un bon rhum agricole est pratiquement inimaginable. Ce produit ne répond pas aux critères de la SAQ, qui ouvre néanmoins timidement la porte à la distillerie Saint-James et à quelques autres (trop peu) tout aussi intéressantes.

Le charme discret d'un grand chef

Benoit Dong, dont le grand-père était Vietnamien, officie depuis cinq ans dans l'île du rhum. Cet homme timide contraste avec d'autres chefs à l'éclat médiatique, qui sont plus présents devant les caméras de télévision que dans leurs cuisines. Il est chef à demeure dans un tout aussi discret que magnifique établissement, La Suite Villa. Il s'agit d'un hôtel-boutique dominant la baie des Trois Îlets, d'où l'on peut apercevoir au loin la rade de la capitale, Fort-de-France.
La Martinique est une terre de sucre qui, une fois distillé, devient rhum. Cette boisson nationale se retrouve partout dans l'île et donne encore au «ti-punch» ses lettres de noblesse. Confectionné à partir de la canne à sucre, le rhum d'appellation contrôlée se distingue du rhum préparé à partir de la mélasse.

Le rhum agricole (fait de façon artisanale) permet aux îles de la Martinique et de la Guadeloupe de se différencier des rhums commerciaux habituels. Il s'agit d'un produit unique dont la grande restauration sait de plus en plus tirer profit et qu'elle met en valeur sur les tables gastronomiques de la Martinique, ce qui permet aux vieux rhums de s'affirmer de la meilleure façon.
 
Ce chef, qui a fait ses classes dans de grands restaurants étoilés du Michelin en France, participe activement à la notoriété de la gastronomie locale en valorisant les produits et les producteurs de l'île. Sa cuisine est aérienne, fine et goûteuse. Elle révolutionne la traditionnelle cuisine créole faite d'accras, de boudins, de Colombo et autres crabes farcis que l'on sert partout sur l'île et dont la qualité est inconstante. Là comme ailleurs, l'alimentation subit une transformation qui se retrouve sur les grandes tables, encore trop peu présentes sur l'île.

Pourtant, en matière d'infrastructure hôtelière, on peut souligner la venue de nouveaux concepts, comme le magnifique Cap Est Lagoon Resort, le seul établissement Relais & Châteaux de l'île. Il est doté de suites «les pieds dans l'eau», d'une piscine grande comme la mer et du nouvel hôtel-boutique La Suite Villa, avec sa décoration éclectique et sa table.

Dans le même style d'établissement, le superbe Plein Soleil, qui se trouve dans la commune du François, dispose de chambres d'un grand confort et d'une table tout aussi époustouflante que la vue que l'on y découvre. Ainsi, la Martinique se réveille, s'ouvrant sur le monde et sur le tourisme d'aujourd'hui, et fait preuve d'un dynamisme réconfortant.

À la différence d'une destination comme la Floride, la Martinique mise sur la variété. D'une baie à l'autre, le décor est différent. Tantôt, un petit port de pêche nous fait découvrir Saint-Pierre, la ville qui fut détruite par le volcan de la montagne Pelée; tantôt, ce sont Grande Anse ou les Salines, où l'on peut profiter grandement des eaux turquoise et des plages de sable blanc, tout en savourant le midi une langouste grillée dans un des nombreux «ti-restaurants» installés en bordure de mer.

Au fil du temps, Benoit Dong a su tisser des relations privilégiées avec des pêcheurs ou des fournisseurs, indispensables à la réussite de sa mission. Une collaboration qui consiste à faire découvrir et à mettre en valeur une culture locale tout en protégeant des techniques et un grand savoir-faire appris à la dure école des métiers de bouche.

À quand un premier restaurant étoilé en Martinique ? Difficile, diront certains, d'assurer une constance au quotidien. Il faut composer avec la vie locale, convaincre les touristes de la présence d'une gastronomie régionale, tout cela en offrant les services d'un restaurant étoilé. Néanmoins, M. Dong rêve du jour où cela arrivera; ce serait une formidable consécration et, surtout, cela lui donnerait un coup de pouce dans son nouveau pays d'adoption.

La Martinique, c'est un voyage en odeurs, en couleurs, un mélange entre l'Europe et la Caraïbe, le bleu caméléon du ciel et le turquoise des Salines.

Bonnes adresses :

- Un incontournable: le Petibonum, plage du Carbet. On se prélasse sur des transats sur la plage avant de prendre le ti-punch, les accras et le boudin. Ne pas hésiter à demander à Guy de vous faire découvrir les fameuses écrevisses, et surtout son soufflé au vieux rhum.

- Ti sable, sur la grande plage de l'Anse d'Arlet. Les pieds dans l'eau, on y consomme en toute simplicité de la langouste grillée, des plats typiques, et on assiste aux concerts du dimanche soir que propose Laurence.

- La Fleur de sel, aux Trois Îlets. Une bonne table qui offre des spécialités intéressantes (courges, loup de mer, écrevisses...) dans un décor charmant. Dommage que le service ne suive pas.

- Ti Toques, au port de plaisance du Marin. Une des grandes tables du sud de l'île, avec le chef Harold Jeanville. Celui-ci utilise à bon escient les produits de la Martinique, et les prix sont plus que corrects.

- Cap Est Relais & Châteaux Lagoon Resort & Spa. Situé dans la région du François, il s'agit sans aucun doute de l'un des deux ou trois plus beaux établissements de l'île, avec plage et grande piscine. Très bonne restauration et superbe bar à rhum avec des produits uniques à découvrir.

- Hôtel restaurant La Suite Villa Anse Mitan, aux Trois Îlets. Dans un décor éclectique et magique, les propriétaires rivalisent d'ingéniosité en proposant des chambres et des villas de grande qualité, avec toutes les commodités, et un restaurant en passe de devenir «la place» où bien manger.

- Hôtel restaurant Le Plein Soleil, commune du François. L'endroit est splendide, bien décoré et toujours accueillant. La table est à la hauteur de l'établissement et met en valeur une culture alimentaire revisitée.

lundi 1 novembre 2010

Les trois îlets (Iléens)

Tébloux, Charles et Sixtain sont trois petits îlets qui ont donné leur nom à cette commune : l’ancienne paroisse du Cul-de-Sac-à-Vaches, dont les jésuites avaient la charge depuis 1683 devint ainsi Trois-Ilets en 1849.
Ce nom, resté à jamais associé à la commune est celui de Rose Tasher, future Joséphine, épouse de Napoléon, C’est ici qu’elle passa son enfance et qu’elle fut baptisée, en l’église Notre-Dame de la Bonne Délivrance, en 1763.

Cette commune martiniquaise est située au Sud-Ouest de l' île sur la presqu' île du Diamant et donne sur la baie de Fort-de-France. La commune de Trois-Îlets est l'un des centres importants du tourisme en Martinique. On peut s’y rendre depuis Fort-de-France par bateau. De nombreuses navettes font la traversée de la baie.

La commune des Trois-Ilets est une zone touristique qui fédère plusieurs stations balnéaires : le bourg des Trois Ilets, la Pointe-du-Bout, l’Anse-Mitan et l’Anse-à-l’Ane.

Pointe du bout
L’appellation désigne, en fait, une presqu’île qui forme la continuité du lieu dit Anse Mitan et de sa plage éponyme. Rattachée à la commune des Trois-Ilets, à proximité du seul golf 18 trous de l’île et face à Fort-de-France, la Pointe-du-Bout est l’un des premiers quartiers où le tourisme a commencé. La concurrence est apparue avec le temps et les hôtels se sont multipliés mais le quartier a préservé toute son importance. C’est que ses atouts sont nombreux : une petite marina, deux pontons desservis par des navettes maritimes (connexion Anse à l’Ane et Fort-de-France), le golf précédemment cité, proche de la côte sauvage du Sud-Ouest (route des Anses, soit de l’Anse à l’Ane au Diamant) et la présence de nombreux services regroupés autour des hôtels. Les clubs de plongée abondent, tout comme les restaurants, terrasses et bars. A cela, il convient de rajouter les activités nautiques. La côte entre la Pointe-du-Bout et les Anses d’Arlets est l’une des plus jolies de l’île : de nombreux voiliers proposent d’ailleurs leurs services. Construction assez récente, le Village Créole (charmant centre commercial) se démarque par le respect de l’architecture locale. La plage de l’Anse Mitan est la plus importante et c’est sur ses abords que sont regroupés plusieurs hôtels.

Dans son ensemble, l’ensemble urbain n’est pas réellement fidèle à l’image des Antilles version « carte postale », bien qu’elle soit rehaussée par la présence du Village Créole. Mais l’inconvénient est ailleurs et, il faut bien le dire, de nature extrêmement subjective car il peut-être également considéré comme un avantage par certains. La forte concentration de grands hôtels transforme tout naturellement le quartier en un « grand club de vacances ». C’est justement la raison pour laquelle tout est « à portée de main » et vu sous cet angle, c’est le seul site ayant une telle particularité en Martinique.
 


Anse-à-l’Ane
Connue pour sa plage éponyme et son ponton d’où des navettes maritimes partent en direction de la Pointe-du-Bout et de Fort-de-France, le petit quartier de l’Anse à l’Ane se trouve sur la « route des Anses. » Alliant harmonieusement plaisir (plage), nature (mornes verdoyants) et pratique (navettes), elle tire pleinement profit de la proximité de la Pointe du Bout, l’un des principaux sites touristiques de l’île.
L’Anse à l’Ane fait partie des paisibles quartiers du Sud-Ouest. Ceux qui cherchent terrasses et animations devront prendre la direction de la Pointe du Bout (15 minutes en voiture) en fin de journée.


Monuments et curiosités
  • Musée de La Pagerie : lieu de naissance de l' impératrice Joséphine
  • Marina de la Pointe du Bout et son casino.
  • Maison de la Canne : musée de la canne à sucre.
  • Village de la Poterie.
  • Golf
  • Musee du Café et du Cacao

mercredi 25 août 2010

Maison de la canne (Commune des trois îlets)

La Maison de la Canne est située à Vatable aux Trois-Ilets sur un domaine de plus de 2 hectares.

Fondée dans les murs de l'ancienne distillerie Mario de Vatable, datant du début du siècle, la maison de la canne présente l'histoire de la canne à sucre depuis son introduction en Martinique au milieu du XVIIème siècle, et met l'accent sur le système esclavagiste qui lui est intimement lié.

La canne a en effet bouleversé la vie des jeunes colonies antillaises. Une fois compris le processus de fabrication du sucre, les colons, attirés par la formidable demande européenne pour ce produit, vont investir massivement dans la création d'habitations (nom donné aux Antilles aux grandes exploitations sucrières). Problème : la plante est particulièrement exigeante en main d'oeuvre, et les quelques milliers d'européens engagés sur l'île sont loin de suffire à la tâche.

C'est alors que les colons, après un intense lobbying auprès de la royauté française qui y répugne, obtiennent le droit de faire venir des côtes d'Afrique, des esclaves noirs. En moins de cent ans, 100 000 africains vont être ainsi achetés puis acheminés en Martinique. Et ce n'était que le début ... Pour en savoir plus : Les Habitations sucrières et le système esclavagiste.

« Une Terre, une Plante, un Peuple » … C’est cette histoire que retrace la Maison de la Canne. Sur deux étages, vous découvrirez le fonctionnement des premières habitations esclavagistes, les procédés de fabrication du sucre et du rhum, les vieilles machines que l’on utilisait jadis, et la vie quotidienne des esclaves sur les plantations.

La Maison de la Canne vous montre aussi comment la soudaine concurrence du sucre de betterave produit en métropole, du sucre des nouvelles colonies d’Asie et d’Afrique, l’apparition au milieu du XIXème siècle des premières machines à vapeur, et la fin de l’esclavage proclamée en 1848, ont profondément bouleversé l’économie sucrière martiniquaise. Pour survivre, les habitations dont les méthodes de production n’ont quasiment pas évolué depuis le XVIIème, doivent faire face à de lourds investissements pour passer à une phase industrielle. Il faut produire plus et moins cher.

Alors que jusqu’à là, tout le processus de fabrication du sucre, de la culture de la canne jusqu’à sa transformation, était assuré sur chaque habitation, les riches planteurs, aidés par des ingénieurs métropolitains comme Emile Bougenot, vont rassembler leurs capitaux pour édifier de grandes « Usines Centrales » équipées de matériel ultra moderne, capables de traiter de grandes quantités de canne, et de produire du sucre à un coût compétitif. Désormais, l’habitation se contentera de cultiver la canne, puis de la vendre directement à l’Usine Centrale pour transformation.

C’est ainsi que plus d’une dizaine d’usines furent bâties aux Antilles françaises. En Martinique, on retiendra celles de Soudon, du Lareinty, de Sainte-Marie, et du Galion. Parmi celles-ci, seule cette dernière reste aujourd’hui en activité, tandis qu’en Guadeloupe subsiste encore l’Usine Gardel. Les deux derniers vestiges d’une économie de monoculture qui fit que l’on donna pendant longtemps le surnom d’Îles à Sucre aux Antilles.

Maison de la Canne
Pointe Vatable, 97229 Trois-îlets.
Tel : 05 96 68 32 04 .
Horaires : Mardi et mercredi de 08h30 à 17h30. Vendredi et samedi de 08h30 à 17h00. Dimanche de 09h à 17h.
Tarifs : Entrée 3 Euros. 0,75 Euros pour les moins de 12 ans.